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2012: 1916 - 2008

Je n’avais jamais vraiment réfléchi sur le sens des mots »naitre et grandir » et »vieillir ». Je n’avais jamais vraiment réfléchi sur les possibles chemins entre les deux. C’est quelque chose qui fait partie de notre vie, qui est en nous, qui est elle même notre vie; mais qui la plus part du temps nous échappe pour se matérialiser devant nous. Très souvent de façon brutale, soudainement, alors qu’une personne chère ou quelqu’un qu’on connait depuis longtemps nous le montre avec la force de ses rides, de ses cheveux blancs; ou lorsque un nouveau-né se présente devant nos yeux dans toute sa fragilité.


Mais les deux choses sont-t-elles si différentes? Font-t-elles partie de deux mondes si lointains?


C’est ce que je me demande depuis trois ans environ, toutes les fois que j’ai la chance de pouvoir suivre cette fillette et son arrière grand-père. Deux mondes, à l’apparence si distants, mais que je découvre de plus en plus entremêlés, étroitement enchevêtrés au point que des fois, il m’est impossible de les distinguer si ce n’est pas grâce aux visages et aux corps des deux personnages.


Au fur et à mesure du temps, je me suis aperçu de ces mouvements, de ces gestes, ces attitudes qui renvoient inexorablement de l’un à l’autre. Et je suis parti à la recherche de ceux-ci. Non pas pour en retrouver des copies dans l’un et dans l’autre. Mais plutôt pour découvrir ces situations (souvent très distinctes) où un lien (réel, ironique, onirique, spirituel) s’établie entre leurs comportements ou attitudes: quelques fois de façon évidente, d’autres de façon plus subtile: avec leurs gestes qui se poursuivent, à indiquer presque une continuité entre les deux personnes qui ne s’interrompt que rarement.